C'est pas que ça va particulièrement mal, c'est juste une pointe de regret. Encore un petit nuage sombre dans ce ciel qui s'éclaircit peu à peu, à son rythme.

Ça fait un ou deux jours (je perd la notion du temps, dites donc) que je vois ces quelques uns qui se félicitent d'avoir eu leur baccalauréat, pour certain même avec une mension. Je ne connais personne ayant eu la mension Bien. Juste des "Assez bien" et d'autres "Très bien" sortis de cette galère pour plonger à pieds joints dans une autre. Oh et puis j'en sais rien.

Ce que je sais, c'est que j'aurais pu en être. Oh et puis ta gueule, va... c'est de la jalousie passagère. J'aurais déprimé d'avantage si j'étais passé en première il y a deux ans. J'avais besoin de temps pour m'apprécier et apprécier les autres. Même cette année j'ai eu du mal. Et puis je ne parlais presque plus aux terminales. Je ne parlais pas avec beaucoup de monde, à vrai dire. Cet établissement, c'est comme une croix que je porte et c'est le cas de le dire. Besoin de voir des gens ailleurs, loin, pour respirer. Loin d'un amas d'hypocrisie. Je n'accuse personne, sinon je ne m'enfuirais pas. Bref...

C'est amusant d'entendre les professeurs dire des choses comme "Vous avez enormément de talent alors arrêtez de déconner !" ou bien "C'est dommage que vous n'aimez pas ce que vous faites, parce que vous avez des qualités". Je me dis que j'ai quelque chose, que j'ai un truc, un outil dont je peux me servir. J'ai déjà essayé... regarder les autres assis pas loin de moi, me dire "tiens je les rétame à la prochaine dissert'", le faire et regarder leur tête. C'est débile mais c'était à essayer.

Ce truc dont ils m'ont parlé, c'est peut-être aussi m'être pointée à mon oral, avoir lu mon papier, m'être rendu compte que je suis tombée sur un texte que je ne connais pas d'un livre que je n'ai pas lu parce que je déteste lire (particulièrement ce genre de lectures), et pourtant avoir gratté trois pages dessus et avoir été locasse sur le sujet, même pour ce qui est de l'entretient. Je ne sais pas... je verrai.

Je vais jouer le grand sage deux minutes et dire une phrase toute faite du genre : "Chaque chose en son temps". Et le temps, il passe incroyablement vite... à moins que je sois déjà sénile. Après avoir donné (peut-être) le meilleur de moi-même, j'irai faire ce que j'ai envie. Si c'est toujours ce que j'ai envie... J'avoue que me lancer volontairement dans des études qui vont me conduire à des années enfermée dans un bureau à me racler la soupière pour des trous du cul en costume cravate active une petite voix qui me demande si je ne suis pas un peu conne sur les bords.

Encore une fois, je dirais que je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je suis, je ne sais pas ce que j'ai.

Je ne sais rien... et c'est tant mieux.

...

J'vais aller prendre une douche et m'abrutir devant Grey's Anatomy, tiens. Ça va être sympa. ^___^

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