Je hais les mites.
C'est hallucinnant.
Surtout depuis récemment.

La semaine dernière, on changeait la cage des gerbilles, et la mienne avait la tête qui penchait. Elle perdait l'équillibre et tournait sur elle même. Je ne dirais pas que je m'en préoccupe souvent mais sur le moment, j'ai été choquée. Mon côté terre à terre me dit de ne pas m'inquiéter pour un rongeur qui fait une dizaine de centimètres de long et me fait maudire ma grande compassion. Dexter nous éberluait tellement qu'on ne pensait même plus à son frère qui est mort à sa place, peut-être bien deux jours après. Je me suis interrogée... et mon inquiétude se retournée à nouveau vers ma petite gerbille blonde qui se retrouvait seule et malade, sachant qu'une gerbille doit vivre en communauté et jamais seule. Saloperie de compassion... fait chier.

Je n'y ai plus pensé pendant peu de temps, jusqu'à ce que ce soir, affamée, je me rend au garage pour voir si je trouve pas par hasard un paquet de gâteaux dans le placard. J'allume la lumière et je vois pleins de mites s'affoler près de la lumière. J'aime pas les mites. Mais sur le moment j'm'en fous, je veux du chocolat. Je trouve pas. Je vois la cage logeant ma boule de poils blonde solitaire. Je lui souffle dessus pour vérifier s'il est encore parmis nous, il se lève, me regarde, sa tête penche encore. Son oreille du côté qui penche saigne. On m'a dit que son frère retrouvé mort avait un côté de la tête qui saignait. Dexter se hisse à l'étage de la cage avec difficulté pour se servir dans la mangeoire. Il perd l'équillibre en redescendant, alors je met la mangeoire en bas, près du nid. Il s'affole, panique, court dans tous les sens, tombe, rentre dans la petite maison, sort, rerentre, ressort, il se rend entre la petite maison et le recoin de la cage, se confronte à un mur, continue à courrir, glisse...

Je ressent un pincement au cœur. Non pas parce que ma gerbille va très certainement mourrir, mais parce que je pourrais voir ni rien ni personne mourrir de cette façon. Peut-être que je suis trop sensible. Je commence à me mettre en colère quand je vois les mites voler et se poser n'importe où. Je crois que j'avais besoin de coupable. Je ne sais pas comment ça pourrait être de leur faute mais quoiqu'il arrive, c'est de leur faute. Je m'emporte en prenant une chaussure et en écrasant chacune que je peux écraser. J'en vois dans les granulés du lapin, je les tue aussi. Ce n'est peut-être pas très équitable, c'est vrai. Tant pis.

Le lapin réclame des caresses, je m'exécute. Mes pensées vont vers l'espoir qu'il mourra tranquillement quand ça arrivera. Et moi aussi. Et tout ceux que j'aime. C'est toujours déplacé de dire "Quand tu mourras, je veux que tu meurs sans douleur" mais quand on y pense, c'est quand ça arrive qu'on se dit ça.

Un article sur la colère hier, un sur la mort aujourd'hui... j'éssaierai de faire plus joyeux la prochaine fois. ;)

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