Ça f'sait longtemps.

Faut dire, j'avais écrit des trucs que j'ai effacé. Je m'suis embrouillée avec quelqu'un. Et j'ai effacé des choses non pas pour mais à cause de lui. Ici, c'est fragile. Faut pas y toucher, faut pas dénigrer, y'a pas à dénigrer. Personne n'a son mot à dire car je ne revendique rien, et tout est entièrement subjectif. J'ai exécré ses propos. Ici, c'est fragile. C'est ici que je dépose ce que je ressens. Les sentiments, c'est fragile. C'est tout.

Tout-à-l'heure, je lisais un article sur le joueb d'Aphone. Un passage évoquait des larmes au bord de la Seine et j'ai songé à moi, à d'autres, à ce que nous ferons une fois dispercés ça et là... Léa m'a dit qu'elle irait sur Paris. Moi je l'envie, avec mes parents qui dilapident tout et qui me disent que j'irai je sais pas où parce qu'on n'a pas assez d'argent mais j'estime que claquer un héritage d'un montant considérable en un rien de temps donnd d'avantage d'entrain à se mettre en boule. J'me met en boule. Ça fout la merde. Peut-être que j'irai sur Amiens... je me souviens d'une fois où j'y suis allée. Je ne sais plus où c'était mais j'ai une vague image qui reste collée dans mes souvenirs. Je m'y suis raccroché pendant un moment. C'était bien.

Il reste encore quelques mois. Moins d'un an. Bien moins, même. Paris me tente... J'ai songé à nous en lisant l'article d'Aphone, à nous au bord de l'Oise. Léa qui se mettait à hurler de colère et moi qui mangeais des gâteaux. J'ai souvent tendance à intérioriser... manger des gâteaux, des fois ça aide. Faut juste modérer et c'est là toute la difficulté. J'ai envie qu'on se retrouve au bord de la Seine à déconner ou à parler sérieusement. On s'y retrouve mercredi. J'éssaierai de m'habiller de façon à me sentir jolie. J'ai pas vraiment de juste milieu... ou bien de passe des journées en pyjama, avec un sweat et un baggy, et d'un coup j'ai envie de mettre une robe qui dévoile un peu plus un silhouette quelque peu androgyne. C'est encore que mon avis.

J'ai remarqué que l'absence d'article s'est située dans une période où il s'est passé quelques trucs. Deux fêtes. Deux anniversaires. Le premier agréable. Je l'ai revu, lui. Il m'a dit de ne pas boire mon vin rouge comme du jus d'orange. Mon vin rouge, je le bois toujours très vite. J'aime le goût, mais pas trop longtemps. Je pense ne pas avoir ressenti quelque chose de fort. J'étais heureuse de ne pas ressentir le besoin qu'il s'intéresse à moi. de ne pas attendre quelque chose de lui, de ne rien attendre de la soirée. Il était encore en bas quand je suis montée me blottir dans le grand lit. Le lendemain matin, il était déjà parti. Il me manque quand même un peu... mais je ne l'aime plus à en crever. Le second anniversaire, je me suis faite draguer toute la soirée. Ce type, qui m'attirait la première fois que je l'ai rencontré. Et comme je suis comme ça, il a fallu qu'il me drague pendant un bon moment pour que je m'esquive un instant et que j'aille dire un discret "Bon ça suffit je rentre me coucher" comme pour dire "Ça y est je l'intéresse alors je peux me casser". Je suis irrécupérable. Pour tout dire, la victoire de la soirée est d'avoir autant bu sans avoir fini complètement ivre. Je me suis étonnée moi-même.

Plus récemment encore, je me suis rendue chez le médecin. Une semaine auparavant, j'étais prise de grosse fatigue, de maux de têtes à répétition et j'ai songé à prendre un rendez-vous quand ma légère coupure à la jambe avec le rasoir a fait un énorme hématome. J'ai demandé conseil à ma sœur qui a supposé l'anémie et aussi que l'irrégularité de mes trucs (comme de les appelle, désignant les règles, ou ragnagnas, ou hémorragies jsaiplutroquoi) devait aussi me fatiguer. Vendredi je raconte tout ça, alors on passe les problèmes en revue. Le médecin prend ma tension qui révèle que je suis hypotendue, elle me fait prendre une prise de sang que je subirai mardi, elle me donne deux plaquettes de pillules, et me prescrit des vitamines.

Je regarde mes boîtes de vitamines que je range avec mes autres médicaments. Là je regarde mes décontractants musculaires et je dis en souriant qu'avec une poignée de cachets on peut soit me faire péter le feu, soit me rendre tellement molle qu'avec un jet de chausson j'me vautre par terre... chose qui a déjà été testée.

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