Des envies...
Envie d'aller au tréport...
Envie de fouler du pied les gallets encore chauds. Me diriger vers le sable humide et laisser mes pieds baigner une fraction dans une vague qui s'est déjà enfuie, les laissant là, ensevelis. Quel heure est-il ? Je règle l'heure de mon monde imaginaire... quelle heure ai-je envie qu'il soit ? Le crépuscule, c'est ça. C'est là que les couleurs sont les plus contrastées. Un rouge feu près du soleil, un bleu marine au loin. Les sensasions se mêlent. Une douce brise caresse mes joues, je frissonne à cause de mes pieds mais je m'en fiche. Le bruit des vagues, des mouettes, la vue du crépuscule, le vent... je n'ai pas à fermer les yeux, le petit bonhomme sur mon épaule me chuchote au creux de l'oreille un "Tu y es déjà".
Allez savoir pourquoi j'ai cette envie constante et si intense de me retrouver sur cette plage. Moi même je ne le sais pas, et croyez bien que je m'en moque. Rester sur ma chaise à me poser mille et une questions ne me fera pas avancer quand la seule réponse est "Lève toi, prend le train, et vas-y". J'irai. J'y serais allée pas plus tard que demain, si le travail de me prenait pas en otage une fois de plus. Une dernière journée. Ensuite je pourrai partir, je pourrai revoir Paris aussi. Paris me manque.
Paris c'est cette grande ville où... non attendez je vous vois venir avec un cinglant "Non mais Paris on connaît !". Vous connaîssez Paris, connaîssez vous mon Paris ? Je disais avant votre éventuel grossier coupage de parole que Paris, c'est cette grande ville où je peux voir tant de monde que je me sens petite, insignifiante... La vie m'entoure, l'impression que chaque lieu est un "quelqu'un" quand ceux d'ailleurs sont des "Monsieurs Toulemonde". Je m'assied, je regarde la Seine. Pour une autre humeur, j'ai le souvenir de ce midi au Quick bondé où une minuscule place s'offrait à moi, à côté d'une fenêtre où je voyais une sorte de mini monument sur une place : un totem de cadrans ou de montres. Ces soirées à la pizzeria où je n'ai plus de place pour la fin de la pizza alors que je suis capable d'engloutir un bananasplit au dessert.
Je reviens sur ma plage... J'ai envie d'être au calme.
J'irai avec mon meilleur ami, ce jeune homme, mon faux amoureux. Celui avec qui je peux parler de l'éventualité de former un "nous" sans aucune pudeur, celui avec qui la liberté de s'exprimer est totale. Celui qui est aussi seul que moi mais qui me prend dans ses bras quand mon cas est plus critique que le sien. Celui qui m'a dit que si je trouvais un type pas trop mal sur place, il jouera l'homosexuel afin lui soutirer son numéro de téléphone pour moi. Celui dont je ne suis pas amoureuse mais que j'aime tant. Une sorte de petit-frère que je materne, moi qui tenais toujours le rôle de la cadette partout où j'allais et qui passait pour l'incrédule.
Je reste assise au bord de l'eau, je peux attendre, le soleil ne se couchera pas.
Pas tant que je l'aurai décidé.
Par Pitseleh | Avant | Mardi 26 Juin 2007, 02:47 | Après | Journal | un commentaire


Commentaires
1 -par inconsciente, le Mardi 26 Juin 2007, 10:37 Répondre à ce commentaire