Je commence à avoir publié quelques articles, et je suis là depuis longtemps. Je me permet donc de te tutoyer. C'est parti.

Que fais-je...? Oui, j'ai envie d'écrire. Ma mise en page est au chaud et inachevée. Je verrai ça demain. Demain, j'ai une farouche envie d'y être, tu peux pas savoir... En attendant, j'ai l'impression que quelque chose me resserre lentement mais si fort qu'il y a des moments où je dois me mettre à prendre une grande respiration pour me sentir capable de ne pas m'écrouler. C'est stupide, mais c'est comme ça. J'éssaie de penser à plus tard et à la fois je pense à l'instant présent, mais jamais au futur proche. Par conséquent, je prévois, je fais des promesses mais au lieu de me préparer, je vis le moment présent, je fais autre chose et mes projets n'aboutissent pas, je m'en veux. Depuis quelques temps déjà, les gens autour ne croient plus en moi. Je n'en avais rien à faire jusqu'à ce que je me mette à douter de moi aussi. Là, ça a été une nouvelle raison qui m'a fait aller à la dérive comme ça.

C'est vrai, j'ai passé l'année à être une loque. Entichée d'un jeune sans que maintenant je sache ce que je lui trouvais. Cherchant l'attention de gens que je ne trouve pas intéressants au final... je crois que les gens du lycée m'ont fatiguée. Je n'étais pas une star, mais les voir autour, cette routine, cette redondance telle que j'en ai perdu la notion du temps. Être amoureuse, amoureuse du même qui plus est, c'était devenu une habitude. Ça faisait partie de mon personnage. Comme si le lycée faisait l'objet d'une série télé dont les épisodes ne se suivent pas, où les situations restent toujours les mêmes dans chaque épisode et où moi je suis la fille amoureuse de ce type là, celui qui fait des blagues.

Ça m'a usé à la longue. Je n'arrivais plus à reprendre des forces, à me relever. Rien que rester en contact avec tous ces gens qui ont pris l'habitude de te voir d'une certaine façon et qui ne te permettent plus de changer, t'empêchent d'éssayer d'évoluer... je sentais que j'étouffais mais je l'ai tellement mieux réalisé quand j'ai repris ma première toute petite bouffée d'air frais. D'ailleurs, je pense faire la morte pendant le reste du temps. J'ai besoin de temps pour me retrouver, et retrouver les gens à l'extérieur, ceux qui me permettent d'être moi et qui ne m'enferment pas dans ce cirque, cette sitcom. Si on se fait du souci pour moi, tant mieux. Je ne serai que mieux acceuillie quand on se reverra, eux et moi.

Le plus moche, c'est que l'idée de relire tous mes cours pour ces épreuves tant redoutées, ça m'a fait revenir tous les flashbacks de l'année. Je me suis rendu compte à quel point j'avais détesté cette année, ce qu'on avait fait de moi. Comme je me suis affaiblie, et comment on m'a modelée. J'ai décidé que toutes ces réflexions continues qui trônent dans ma tête, je peux en faire quelque chose. Je ne suis pas bête. Me reconstruire moi-même, ça je saurai le faire.

Demain, c'est fini. Je pourrai sortir de chez moi et respirer. Mon ventre ne sera plus assailli, je suppose. Mon portable sera éteint et pour longtemps. Mes contacts MSN du lycée seront pour la plupart bloqués. Je me sens mieux, plus forte, rien que depuis trois semaine où ma motivation, mon plan de reconstruction sont mis en place. Ce soir, je n'ai pas travaillé... Ça me déprimait. J'ai regardé Walk The Line (une énième fois) et là j'écoute une chanson de Johnny Cash et June Carter en boucle pendant que je m'imagine chantant avec la voix de June... à défaut de ça, il nous reste toujours un point commun.

Je culpabilise, je m'en veux de m'être laissée aller, d'avoir déprimé. J'ai cherché à me libérer tout ce temps, relire mes pages étaient éreintantes et je le paierai. Si je choisis le chemin facile, je m'en irai, leur laissant la faute sur le dos.

L'année s'est enfin terminée. J'ai ri, j'ai souri, je ne saurais pas dire précisément qui je déteste parce que paradoxalement, je ne veux pas qu'ils me détestent. Même si j'éssaie de me dire que je m'en fous. En revanche, ça ne sera pas du luxe de les laisser de côté un bout de temps.

Demain à midi, je mécroule dans mon lit... tu n'auras qu'à imaginer une brunette étalée dans un lit mal fait. Mais n'oublies surtout pas de l'imaginer respirer.

Répondre à cet article