Abba avait raison.
N'étaient-ce donc pas eux, qui ont dit "Thank you for the Music" ? Si, je crois bien. Cette phrase, je me la suis dite plusieurs fois, ces derniers jours. Ces derniers jours qui ont été teintés d'une drôle de noirceur... une tâche qui s'est moins étalée que les autres, mais qui est beaucoup plus dense, beaucoup plus sombre. Mêlée à un sentiment de colère et de tristesse... de regrets et de rancune. Ça ne sert à rien mais malgré tout, chaque chose inutile trouve une place ici bas, alors pourquoi pas ces ressentiments qui se cachent au fond de mon estomac ? La musique, si elle n'était pas là... oh si elle n'était pas là...
Animal Collective sont mes amis, Beirut aussi. Les concerts à emporter. Je lui en avais parlé. J'ai l'impression que tout ce que je lui ai montré, appris, tout ça est sali maintenant. Comme lorsque l'on regarde de vieilles photos avec nostalgie et que l'on se demande pourquoi les choses devaient-elles changer. J'éssaie de me dire que si tout s'est déroulé ainsi, c'est pour laisser place à quelque chose de mieux. J'aime croire qu'une bonne chose se cache derrière une mauvaise. Et pour l'avoir, il faut s'approcher de cette zone noire, quitte à se faire prendre. Je n'avais rien demandé, et à présent, j'attend la contrepartie. Seulement, un épais brouillard masque la lumière à l'horizon, celle que je croyais voir il y a encore une semaine... ou peut-être plus. Dimanche dernier, tout commençait déjà à s'assombrir, comme l'annonce d'un orage. Ça suffit.
Hier, je suis revenue à Paris. Je devais aller visiter une école, et une fac. La première dans le cas où je continuerai, la deuxième, dans le cas d'une éventuelle reconversion. Je ne pensais pas fuir Paris, en allant dans Paris. Mais ailleurs. Quelque part où d'habitude je ne vais jamais. Un espace plein de possibilités. Paradoxalement, j'ai réussi à respirer àTolbiac, là où tout est froid et métallique. Ce n'est que quand j'ai vu les noms de stations de métro que mon cœur s'est serré. J'ai eu beau me relever vite sans verser la moindre larme, j'étais paralysée et incapable de me rendre à Place d'Italie. Tout m'est revenu à la figure et j'ai ressenti cette douleur familière à la poitrine mais pas celle d'une plaie ouverte. Cette douleur semblable à celle d'un hématome qui ne fait mal que lorsque l'on appuie dessus et peut-être un peu continuellement, mais ça reste léger... parce qu'on s'y est accomodé. Je ne sais pas si c'est ça qui est triste, de s'être accomodé à la douleur. Mon regard balaye un peu plus loin sur le trajet que fait la ligne 7. Ma deuxième gifle, je me la suis prise quand j'ai vu la station Louis Blanc. Je déteste la ligne 7.
Je suis entrée dans la faculté Diderot et j'ai écouté un speech sur le programme de Lettres. Je me sentais tranquille, parce que je ne me sentais pas concernée. J'écoutais cet homme parler de ce que je connaîssais sans être effrayée de ce que je pouvais ne pas savoir, puisque je n'étudie pas cette filière. Je me sentais à des années lumières de Bastille et de Faidherbe. Il faisait froid mais on s'en fichait. Julie parlait beaucoup, elle était enthousiaste. Moi je me cloitrais dans mon mutisme et mes pensées, me demandant si c'est de ma faute si tout s'écroule trop vite à chaque fois. Et, dans ce cas précis, si c'était à cause de moi et ce que j'avais bien pu faire de mal. Pourtant, je continue mon chemin sans pleurer même si j'aimerais de temps en temps être capable de me laisser aller. J'ai peur du cynisme.
Plus tard, nous sommes allées voir Notre Dame, les pigeons et les touristes. Un véritable rendez-vous folklorique. J'étais déjà venue, il n'y a pas longtemps, quand je sentais l'étreinte et les contraintes de l'école trop étouffantes et que je sortais de ma cage à oiseaux pour un après-midi. Nous avons cherché le Starbucks en passant par une petite rue, aux allures médiévales, tout à fait charmante. Nous avons fait une halte dans notre périple sur le boulevard Saint Michel pour prendre un café, puis nous avons regardé les boutiques. Pas les magasins de fringues, les boutiques de vieux livres et de vinyles. Celles qui vous vendent du passé, des objets qui ont voyagé de mains en mains comme ce livre espagnol que j'ai vu. Un livre datant de 1942, au pages abîmées et jaunes, contenant une carte postale en noir et blanc oubliée là, sans doute utilisée comme marque page. Le genre de livre qui vous raconte l'histoire d'une vie avant même que vous l'ayez ouvert. Je n'ai jamais autant regretté de ne pas avoir deux euros trente sur moi.
Je pense qu'après avoir vomi ma frustration au sens propre et figuré du terme, une journée à s'aérer la tête ne pouvait me faire que du bien. J'ai réalisé ce que je savais déjà. Il y a autre chose que ce qu'il y a autour de moi. Evidement on le sait, mais on ne s'en rend jamais vraiment compte. J'ai plus que jamais envie de partir de cette école. En deux jours, deux choses me poussent à partir : je me sens mieux ailleurs, et plus rien ne me retiens plus ici.
Animal Collective sont mes amis, Beirut aussi. Les concerts à emporter. Je lui en avais parlé. J'ai l'impression que tout ce que je lui ai montré, appris, tout ça est sali maintenant. Comme lorsque l'on regarde de vieilles photos avec nostalgie et que l'on se demande pourquoi les choses devaient-elles changer. J'éssaie de me dire que si tout s'est déroulé ainsi, c'est pour laisser place à quelque chose de mieux. J'aime croire qu'une bonne chose se cache derrière une mauvaise. Et pour l'avoir, il faut s'approcher de cette zone noire, quitte à se faire prendre. Je n'avais rien demandé, et à présent, j'attend la contrepartie. Seulement, un épais brouillard masque la lumière à l'horizon, celle que je croyais voir il y a encore une semaine... ou peut-être plus. Dimanche dernier, tout commençait déjà à s'assombrir, comme l'annonce d'un orage. Ça suffit.
Hier, je suis revenue à Paris. Je devais aller visiter une école, et une fac. La première dans le cas où je continuerai, la deuxième, dans le cas d'une éventuelle reconversion. Je ne pensais pas fuir Paris, en allant dans Paris. Mais ailleurs. Quelque part où d'habitude je ne vais jamais. Un espace plein de possibilités. Paradoxalement, j'ai réussi à respirer à
Je suis entrée dans la faculté Diderot et j'ai écouté un speech sur le programme de Lettres. Je me sentais tranquille, parce que je ne me sentais pas concernée. J'écoutais cet homme parler de ce que je connaîssais sans être effrayée de ce que je pouvais ne pas savoir, puisque je n'étudie pas cette filière. Je me sentais à des années lumières de Bastille et de Faidherbe. Il faisait froid mais on s'en fichait. Julie parlait beaucoup, elle était enthousiaste. Moi je me cloitrais dans mon mutisme et mes pensées, me demandant si c'est de ma faute si tout s'écroule trop vite à chaque fois. Et, dans ce cas précis, si c'était à cause de moi et ce que j'avais bien pu faire de mal. Pourtant, je continue mon chemin sans pleurer même si j'aimerais de temps en temps être capable de me laisser aller. J'ai peur du cynisme.
Plus tard, nous sommes allées voir Notre Dame, les pigeons et les touristes. Un véritable rendez-vous folklorique. J'étais déjà venue, il n'y a pas longtemps, quand je sentais l'étreinte et les contraintes de l'école trop étouffantes et que je sortais de ma cage à oiseaux pour un après-midi. Nous avons cherché le Starbucks en passant par une petite rue, aux allures médiévales, tout à fait charmante. Nous avons fait une halte dans notre périple sur le boulevard Saint Michel pour prendre un café, puis nous avons regardé les boutiques. Pas les magasins de fringues, les boutiques de vieux livres et de vinyles. Celles qui vous vendent du passé, des objets qui ont voyagé de mains en mains comme ce livre espagnol que j'ai vu. Un livre datant de 1942, au pages abîmées et jaunes, contenant une carte postale en noir et blanc oubliée là, sans doute utilisée comme marque page. Le genre de livre qui vous raconte l'histoire d'une vie avant même que vous l'ayez ouvert. Je n'ai jamais autant regretté de ne pas avoir deux euros trente sur moi.
Je pense qu'après avoir vomi ma frustration au sens propre et figuré du terme, une journée à s'aérer la tête ne pouvait me faire que du bien. J'ai réalisé ce que je savais déjà. Il y a autre chose que ce qu'il y a autour de moi. Evidement on le sait, mais on ne s'en rend jamais vraiment compte. J'ai plus que jamais envie de partir de cette école. En deux jours, deux choses me poussent à partir : je me sens mieux ailleurs, et plus rien ne me retiens plus ici.
Par Pitseleh | Avant | Dimanche 1 Février 2009, 20:06 | Après | Journal | aucun commentaire
