J'ai envie d'écrire. Ça m'énerve de ne plus le faire... j'ai l'impression d'être aspirée par quelque chose que j'éxècre et d'avoir vendu mon temps au cours de l'arnaque du siècle. Je ne pense plus à écrire. Pourtant, tout-à-l'heure, je me suis souvenu combien il m'est arrivé d'être soulagée de mes crises grâce à quelques lignes.

C'est bizarre, mais j'ai déjà l'impression que tout ce qui s'est passé est à présent sous célophane. C'est toujours visible, mais recouvert d'un je ne sais quoi qui rend le moment intouchable, qui l'a mis légèrement derrière, comme si je passais déjà à autre chose. Pourtant, je sens cette rancune qui cherche à rester pour marquer ma colère, bien que je sois sceptique quant au fait qu'elle puisse tenir très longtemps. A vrai dire, j'ai mis un peu de musique et je me suis transportée vers uns plage avec le soleil couchant qui laisse un million de petits points scintillants sur l'horizon. C'est comme si je cherchais désespérément à me préserver d'une immense explosion de rage.

Tout ça pour une connerie. Une connerie qui s'appelle la fête de l'Huma, et une autre qui se trouve être un malentendu, plus un coup de gueule qui s'est échappé. Ou peut-être pas échappé, en fin de compte. Tout ça parce que je me sens mal dans mes baskets toute la journée et que lorsque je rentre à la maison et que je me rend compte qu'un détail que j'ai donné cinq fois n'a pas été retenu, je le répète avec lassitude. Il hurle un "ta gueule" qui m'a fait faire les yeux ronds. Je suis partie, je sentais une profonde rage m'envahir. Celle de quelqu'un qui ne se sent lus à l'aise où que ce soit et à qui on fait comprendre que c'est pas à la maison qu'il faut compter rester soi-même mais plutôt qu'il faudrait continuer à jouer le jeu du sourire crispé pour faire bien.

Je crois que ce qui a enclanché cette rage, c'est qu'il ait rigolé ensuite. Comme si j'étais une attraction, une chose sur laquelle on se défoule sans s'en excuser parce qu'on a eu une mauvaise journée. Je soupire du fait qu'on ne m'écoute pas quand je parle et on me rétorque de fermer ma gueule. Je ne parviens plus à extérioriser ma colère. Je respirais à une vitesse folle... à vrai dire, j'avais beaucoup de mal à respirer. Les larmes coulaient et mon cœur accélérait. Je cru vomir parce que je m'empêchais de suffoquer pour éviter de faire du bruit. Je crois bien ne jamais être entrée dans une colère comme celle-ci. Et c'est quand je faisais le bilan de cette accumulation de pics que les larmes de colère proliféraient.

Il m'a volé mes vacances d'été en me laissant enfermée ici et à s'exposer avec sa maîtresse, jouant la pièce représentant ma famille qui part en morceaux, la rentrée commença par quelques larmes parce que je me suis sentie automaiquement mal à l'aise et dépaysée parce que ceux avec qui j'avais fait beaucoup de chemin ont eu leur bac et son partis. Je ne me sens pas reposée, j'ai l'impression d'enchaîner les étapes et que je n'ai pas le temps de rependre mon souffle. Le travail me submerge déjà parce que je ne me concente pas, les mêmes pensées tournicotent encore et encore dans ma tête et ce sentiment de misère me gagne.

Je ne me sens pas opérationnelle pour demain et Dieu sait que faire preuve de tant de faiblesse ne fait que m'indisposer d'avantage. Je n'avais pas pleuré depuis longtemps et les vannes se sont ouvertes il y a quelques temps et ne se referment plus. Je traîne un énorme sac de pensées que je garde secrètement et dont je ne peux faire part. Rien ne sort.

Je vais m'occuper, histoire de ne plus penser.

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