Les beaux jours reviennent, le printemps passe et cela fait longtemps que moi je n'étais pas passée. Je me pose mille et une questions, mais il n'y a aucun mot qui se pose dessus. Ne subsiste que ce vide, ce besoin, ce sentiment de perplexité qui me suit comme mon ombre. Voilà, l'année scolaire est passée et je dirais que c'est sans conteste celle qui m'a le plus métamorphosée. Je ne me sens pas grandie, je ne me sens pas diminuée, je me sens différente. J'ai pu me sentir brisée, j'ai pu me sentir paisible, mais ce fragile équilibre revient de temps à autres me réconforter.

Tandis que j'écoute le Gulag Orkestrar de Beirut qui me transporte au delà des limites de mon compte en banque, je reviens sur les endroits cher à ceux qui écrivent les mots qui avaient coutume de m'apaiser. Aphone, Inconsciente, Passionnée, Songe et tant d'autres. J'ai alors envie de poser là ce qui frappe sans cesse contre les parois de mon pauvre corps. Je relis mes anciens écrits, je me replonge deux ans plus tôt. Je me souviens comme j'avais mal au cœur, et pourtant... et pourtant j'envie cette période. Je regrette presque cette époque où Valentin m'avait fait si mal. Le temps est passé. L'amour aussi.

Je me revois, en décembre dernier, sur le pont qui relie le parc des Tuileries au musée d'Orsay. Un saxophoniste jouait un peu plus bas et j'avais les yeux rivés sur la Seine. Il faisait froid, et pourtant j'avais chaud. Paris est une ville romantique, il paraît. Mais elle m'a appris à ne plus aimer. Mon cœur a fait des bonds, dansé, sautillé, puis s'est arrêté. Oui, j'aime, et pourtant j'ai mal. Aujourd'hui mon cœur est fatigué et demande mieux. La haine l'envahit lorsque je vois ces filles qui se laissent malmener au nom d'un mensonge, d'un amour qu'elles croient partagé alors qu'il n'en est rien. Je me promenais sur la place des Vosges, lundi après-midi. Mon Dieu comme elle a changé depuis que les beaux jours sont arrivés. Il y avait un monde indénombrable et une chaleur insupportable et pourtant, j'avais froid. Et l'instant d'une seconde, j'ai retiré ma solide armure, j'ai déposé les armes et j'ai repensé à lui. Lui, qui ne m'aimait pas.

Aujourd'hui, je suis lasse de parler des hommes. Je veux parler d'amour. Je veux des projets. Je veux avancer. Avec moi-même, tout simplement. Car si je m'aime, c'est déjà un pas de géant.

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